21/11/2013

L'ordre naturel (2)

L'ordre naturel (2)

Pourquoi s'acharnent-on donc tellement à maintenir un système moribond ?

Mais parce qu'il y a eu le scientisme : devant l'émerveillement provoqué par le succès des sciences naturelles, on a décrété sans autre forme de procès qu'il n'y avait de science que d'observation : autrement dit, il n'y a ici-bas que des phénomènes naturels ; par conséquent, il faut observer et découvrir les lois naturelles qui gouvernent le monde. Il ne faut même plus réfléchir : regarder comment tout se passe et tout va couler de source.

Mais il y a eu aussi l’enterrement pur et simple de la philosophie : Galilée avait, avec sa lunette, déclarer qu'il y avait des montagnes sur la lune ; le Vatican a déclaré péremptoirement que c'était impossible parce que la philosophie avait démontré que tous les corps célestes devaient nécessairement être sphériques. Or, il s'est avéré que Galilée avait raison et que le Vatican avait tort : du même coup on a aussi déclaré que la philosophie était complètement fausse et qu'il fallait s'en débarrasser. Autant dire que les hommes n'ont plus besoin de réfléchir : le Vatican a tout simplement commis une erreur de logique impardonnable, à savoir une généralisation hâtive.

Il serait vain de nier l'importance de l’Église catholique sur la civilisation européenne, ce que Jean-Paul II aurait voulu voir acter dans la constitution européenne et qui lui fut refusé. Une nouvelle preuve de cette influence peut être trouvée dans l'idéalisation de l'homme : pour l’Église, en effet, l'homme n'est qu'une âme qu'il faut à tout prix sauver de l'enfer que, par ailleurs, un Dieu infiniment bon a préparé pur ceux qui ne veulent pas le reconnaître (????). Deuxièmement, Elle professait au 19ième siècle que la vie ici-bas n'avait pas d'importance, que la situation de chacun n'était que le reflet de la Volonté de Dieu à laquelle il fallait totalement se soumettre ; ce qui engendra une vigoureuse réplique de Marx : la religion est l'opium du peuple.

Quelle est la cause de cette attitude de l’Église ? Elle s'est toujours référée à la philosophie de Saint Thomas d'Aquin ; mais celui-ci était avant tout un théologien beaucoup plus préoccupé de contrer les hérésies qui fleurissaient en ce temps-là que de s'occuper de philosophie. Saint Thomas était d'une puissance intellectuelle phénoménale et a laissé dans un vie assez brève une œuvre considérable ; mais sa philosophie souffre d'une lacune : s'il a bien décrit l'homme, il ne l'a pas étudié dans ses relations avec la nature, avec les autres hommes et avec la société. C'était de son temps et les sciences naturelles n'existaient pas encore. Mais le fait est là et les thomistes qui lui ont succédé ne s'en sont pas aperçu non plus.

En conséquence, il n'est pas étonnant que nous ne sachions pas ce qu'est l'homme, ce qu'est la nature et ce qu'est la société. Par conséquent, ni l'Eglise, ni les politiques ne comprennent le monde d'aujourd'hui. Notre monde est comme une voiture sans chauffeur lancée sur la route à plein gaz... que va-t-il lui arriver  ?

L'Humanité est à un tournant de son histoire et un tournant on le prend bien ou on le rate  ?

Tout est-il perdu  ? Non, car heureusement, nos erreurs sont là pour nous indiquer, par le désordre qu'elles provoquent ,que quelque chose ne va pas, dans quoi  ? Dans le monde  ? Dans la nature  ? Non, dans notre action. En effet, nous agissons dans cette nature  ; et, s'il y a désordre, nous ne devons pas incriminer la nature parce que celle-ci est un ordre : nous sommes les responsables du désordre de notre monde. Et, par conséquent, c'est notre action que nous devons modifier.

Et cette action, c'est notre action économique. Jacques Dublin nous a montré la voie : il nous faut établir l'économie distributive de l'abondance.

17:02 Écrit par abondanciste | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

19/11/2013

L'ordre naturel

L'ordre naturel.

 

Voilà bien une notion qui semble tout à fait perdue de nos jours ; elle est pourtant d'une importance capitale et, paradoxalement, les sciences naturelles sont là pour nous le rappeler : e n effet, elles nous montrent que nous ne sommes pas tout-puissants vis-à-vis de la nature : elles détectent des lois naturelles ce qui signifie que pour obtenir un résultat donné, nous devons agir de telle façon et non pas autrement.

Philosophiquement parlant, l'ordre naturel se définit par la situation dans laquelle la finalité de tous les êtres est atteinte ; si ce n'est pas le cas, nous sommes dans le désordre.

Quelle est donc la finalité naturelle de l'économie ? C'est de satisfaire les besoins humains, tous les besoins humains. Nous sommes loin du compte : en effet, de l'aveu même des économistes le système capitaliste ne satisfait que les besoins solvables : les besoins des milliardaires et des millionnaires sont plus qu'abondamment satisfaits, mais ces gens-là ne représentent que moins de 1% de l'humanité ; les 99% restants s'échelonnent entre les très aisés et ceux qui sont en- dessous du signe de la pauvreté, voire qui manquent de tout. Il est donc clair que le capitalisme est un désordre parce qu'il ne réalise pas sa finalité.

Mais on peut encore s’en convaincre par toutes les crises économiques, boursières ou monétaires par lesquelles il passe régulièrement et qui ne sont produites que par l'abondance qu'a pu atteindre la production suite à la progression fulgurante des sciences naturelles, la découverte des énergies nouvelles et des moyens de les utiliser. Nous avons déjà vu précédemment que l'abondance tue la valeur financière sans laquelle le capitalisme ne peut vivre. On se méprend totalement sur les causes de ces dérives et, par conséquent, les mesures que l'on prend pour les juguler sont sans effet. Faux, va-t-on dire, car la reprise est en vue, la bourse remonte et les industriels la confiance des industriels remonte. Effectivement, on peut nous objecter qu'il y a toujours eu une reprise, mais on peut aussi constater que cette reprise est de moins en moins forte et de moins longue durée.(à suivre)

 

17:56 Écrit par abondanciste | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |