14/06/2005

L'homme (suite 3). Les règles de la morale.

Dès son apparition sur la Terre, l'homme s'est donc trouvé immédiatement face à un problème de comportement : vis-àvis de la nature, vis-à-vis de lui-même et vis-à-vis des autres c'est-à-dire de la société ; parce que l'homme n'a pas la science infuse : il doit se servir de tout ce donné qui l'entoure et dont il ne connaît rien du tout il est comme nous sommes à la naissance ignorant de tout ; à la différence que nous, au cours de notre croissance, nous allons pouvoir jouir, en partie, de toutes les connaissances accumulées par nos prédecesseurs ; ce ne sera certes pas une connaissance scientifique que nous recevrons au cours des premières années de notre vie, mais une éducation aux principaux dangers que recèle la nature, à la façon de nous comporter en société. Mais les premiers hommes n'avaient pas cette chance et ils ont dû décoder la nature et, comme ils vivaient en société, apprendre aussi à se respecter les uns les autres. Ils ont dû apprendre quoi finalement ? Ils ont dû apprendre par eux-mêmes des règles de la morale. La morale nous apparaît donc ainsi comme la première des sciences ; donc, cette morale n'est pas essentiellement d'ordre religieux comme on la croit généralement, mais d'origine humaine. Mais l'homme "primitif" vivait en contact étroit avec la nature et il pouvait ainsi discerner en elle des forces qui lui apparaissaient supérieures et qu'il attribuait à des esprits, des êtres invisibles et puissants ; plus près de nous d'ailleurs, il y a deux millénaires, les Grecs et les Romains procédaient de même en attribuant un dieu aux différents phénomènes de la nature. Ils avaient les uns et les autres recours à la religion pour légitimer les règles de la morale qu'ils découvraient ; et c'est la religion, finalement, qui s'est chargée de recueillir les enseignements de cette première science de l 'homme et de la transmettre aux générations successives ; d'où l'idée, vivace de nos jours, que c'est la religion qui les impose : c'est faux : elle n'a fait que les recueillir et les transmettre parce que elle était censée être en rapport avec ce monde invisible, mystérieux et craint en raison de la puissance qu'il manifestait. Ces règles ont été codifiées par de grands législateurs au cours des âges : nous pouvons nommer Moïse pour le monde judéo-chrétien, Mahomet pour le monde musulman, Boudha pour le monde asiatique, et d'autres.cela nous montre que les règles de la morale ne sont pas des règles imposées par les hommes et qui pourraient, de ce fait, paraître arbitraires, mais qu'elles ont été "découvertes" par les hommes par l'observation de la nature : la morale peut donc être considérée comme la première science de l'humanité et acquise au prix de beaucoup d'expériences malheureuses et de souffrances au cours des âges. Nous en conclurons qu'il est présomptueux et dangereux de décréter qu'elles n'ont aucune valeur et que ce ne sont que des tabous issus de l'ignorance et de l'obscurantisme d'un autre âge.Nous sommes libres de tout faire ? Non, nous sommes libres de nous imposer des règles de morale, qui, pour venir du fond des âges, n'en ont pas moins fait la preuve de leur validité. La prochaine fois, nous verrons que notre activité économique n'échappe pas non plus à de telles règles.

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02/06/2005

L'homme (suite 2). La liberté.

Comment agit la nature ?Les sciences naturelles nous le disent : les éléments de la nature agissent toujours de la même façon, dans les mêmes conditions et leur action est automatique dès que les conditions sont remplies. Nous avons besoin de la nature parce que c'est elle qui nous satisfaire nos besoins ; notre action en ce domaine ne sera efficace que si nous respectons ces conditions que la nature nous impose : nous DEVONS les respecter SINON notre action est inefficace et la nature nous refusera la satisfaction de nos besoins. Cette simple phrase nous montre que nous ne sommes pas soumis à des lois naturelles de manière aussi strictes que les éléments de la nature : nous avons un pouvoir de décision qui nous permet de dire oui ou non, mais si nous disons non, alors, nous devrons aussi voir notre propre action est parfaitement inutile : si nous disons non, il y a donc une SANCTION à la clé ; autrement dit, nous pouvons dire oui ou non, nous sommes libres mais...Ainsi, nous pouvons prendre la mesure exacte de notre liberté : c'est une liberté conditionnelle, une liberté toute relative : elle se résume à devoir dire oui à toutes les contraintes que la nature nous impose, nous devons dire oui à toutes les contraintes que la nature nous impose, nous devons nous contraindre nous-mêmes à dire oui, nous devons donc nous imposer ces contraintes après les avoir reconnues ; c'est le principe de l'obligation morale ; si nous le faisons, nous sommes dans l'ordre de la nature, si nous ne le faisons pas, nous sommes dans le désordre et la nature nous punit d'une manière ou d'une autre, dans l'exemple, en nous refusant les biens consommables que nous étions en droit d'en attendre.Mais alors, nous ne sommes pas libres ? Nous sommes libres comme des êtres dépendants : notre liberté est toute relative. Mais à quoi peut servir une telle liberté ? Elle nous est donnée uniquement pour nous permettre de grandir, de grandir dans l'être.Ce qui nous distingue des animaux, c'est notre conscience, c'est la conscience que nous avons de nous-mêmes ; c'est ce qui nous permet de distinguer le bien du mal.Comment se passe ce processus ? Dieu est l'Etre parfait : en conséquence, Il ne peut être ni plus ni moins sous peine de ne pas être parfait ; à l'autre bout, nous avons le néant dont nous n'avons absolument aucune idée de sa nature : c'est l'absence d'être ; lui non plus ne saurait être plus sous peine de ne plus être le néant. Mais entre les deux, nous avons les êtres limités dont nous faisons partie : et là, nous pouvons avoir une gradation dans l'être : il sont plus ou ils sont moins par rapport aux autres ; nous pouvons juger de leur être par l'agir qu'il nous laisse apercevoir ; plus ils agissent, plus ils sont, c'est-à-dire plus d'être ils ont en eux; c'est ainsi que les végétaux nous apparaissent comme étant plus que les minéraux car ils nous montrent plus d'activité : en effet, ils croissent, se reproduire, et ainsi de suite ; mais ils restent toujors attachés à la terre qui les a vus naître ; nous pouvons de ce fait, dire qu'ils sont moins que les animaux qui eux aussi croissent et se multiplient, mais contrairement aux végétaux, ils peuvent se déplacer à la surface de la terre, changer éventuellement de milieu comme les oisaux migrateurs, par exemple ; alors, lorsque nous arrivons à l'homme, nous constatons une activité incomparable : nous apprenons, nous étudions les propriétés de la nature, nous transformons notre milieu : bref, c'est la plus grande activité que nous pouvons constater dans le monde des êtres limités: nous devons donc en conclure que nous avons, en nous, la plus grande richesse d'être. Ce n'est pas de l'orgueil, mais simplement la reconnaissance d'une situation de fait.Nous pouvons maintenant expliquer ce qu'est notre conscience : notre richesse d'être est telle, qu'elle engendre en nous, dans notre donné, un mouvement que nous ne devons qu'à nous-mêmes, qui nous propulse en dehors de notre donné et vers lequel, il se retourne pour l'assumer comme s'il procédait de nous-mêmes : nous sommes donc ainsi responsables de notre donné et de ses actes.Par cette conscience, nous jouissons de notre être et c'est cette jouissance de notre être qui constitue le bonheur. Mais comme nous sommes des êtres limités, nous n'avons qu'un bonheur limité ; et nous souffrons de ce que nous ne sommes pas ; ce qui fait dire que l'homme est un perpétuel insatisfait, parce que nous allons chercher à augmenter cette part de bonheur qui est en nous en augmentant notre être. Et c'est cette recherche qui est la raison dernière de toute notre action, y compris évidemment de notre action économique, laquelle n'est pas déterminée par l'intérêt personnel comme l'a affirmé Adam Smith et que le font encore ses successeurs.Et voilà aussi à quoi sert notre liberté que nous pouvons encore exprimer autrement : notre liberté, c'est de ne pas être soumis à des lois naturelles aussi strictes que celles qui dirige l'action des éléments de la nature. (à suivre)

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